Kimagure OrangeRoad

Réflexion 36 :

Izumi Matsumoto

まつもと泉
(Partie 6)

Mise à jour du 31 Décembre 2015

 

Il y a trois ans, le 28 Août 2011, The Japan Times (le plus ancien journal japonais en langue anglaise - depuis 1897) a publié sur son site web un article consacré à Izumi Matsumoto, écrit par Dreux Richard, un journaliste Américain qui contribue au journal.

Dreux Richard a réalisé ici plus qu'une interview. C'est un vrai reportage qui nous emmène dans le passé d'Izumi Matsumoto, nous le présentant sous un angle jamais approché auparavant, via les obstacles qu'il a dû affronter depuis qu'il a réalisé « Kimagure Orange Road ». Mais à travers les obstacles de ces deux dernières décennies, demeurent au fond de lui les heureuses années qui ont toujours guidé son esprit. Ce moteur nostalgique, dont il va retrouvera quelques traces dans ce reportage, l'aidera à reconstruire ce dont il a besoin pour l'encourager à mener ses projets d'avenir.

Ce texte, initialement en langue anglaise, a été traduit en français par mes soins. Certains liens Internet et commentaires entre crochets [...] de textes de couleur bleue sont mes rajouts personnels. Les illustrations du journaliste ont été sous-titrés pour les reconnaître. Les autres rajouts sont de mon fait pour mieux illustrer les propos du narrateur (Dreux Richard) ou ceux d'Izumi Matsumoto. Les mises en gras de certains mots dans le texte anglais traduit sont aussi de mon fait.

Une attention particulière a été apportée sur les lieux de Tokyo visités durant le reportage. J'ai donc souhaité profiter de ce texte pour vous emmener aussi avec moi dans une partie de la capitale nippone qui a inspiré KOR. Cette réflexion complète ainsi celles déjà existantes dédiées aux lieux KOResques (Réflexion n°27 "Lieux" et Réflexion n° 37 "Quelques places et lieux réels dans KOR".)

En espérant que ce reportage photo vous plaira,

Accrochez-vous et très bonne visite à vous tous.

CyberFred
Publié le 4 Octobre 2014, MAJ du 29 Décembre 2014
Dernière mise à jour : 31 Décembre 2015

 

Passé et Présent : le mangaka Izumi Matsumoto avec en arrière-plan des croquis inédits de son œuvre non publiée : « Les Romances d'Extrême-Orient ». [NDLR : « The Far Eastern Romances » en anglais dans le texte, et « Bakumatsu Rashamen-musume Jyoushi » en Rōmaji] Ils représentent (de droite à gauche) Townsend Harris, le premier Consul Général des États-Unis au Japon, puis son funeste interprète, Henry Heusken, et enfin, la jeune geisha Okichi Saito qui a représenté quelque chose dans sa vie. Tous les croquis sont d'Izumi Matsumoto.

 

Ses Meilleures Années...

Par Dreux Richard (Envoyé spécial pour The Japan Times)

Article initialement publié sur le site The Japan Time le 28 Août 2011
Traduit de l'anglais par CyberFred en Octobre 2014
© The Japan Time - Tout droit réservé

 

Pour Izumi Matsumoto, la dernière décennie a commencé avec un chef-d'œuvre inachevé. Cela finira-t-il en rédemption créative ?

Par Dreux Richard
Pour The Japan Times

 

Cet été, mon interprète et moi-même étions à Tokyo chez Izumi Matsumoto dans sa maison qui tient aussi lieu de bureau. Il tentait de retrouver en vain des dessins originaux de « Spring Wonder » qui était, il y a 27 ans [NDLR : en 1984], le premier manga sérialisé qu'il a tenté de lancer dans le magazine Weekly Shonen Jump.

À l'époque, le refus rapide par le magazine a ouvert la voie à la série suivante qu'il conçut : « Kimagure Orange Road », un succès instantané qui en est venu à être connu durant les années 80 comme « la Bible pour les adolescents Japonais ».

"Mais pour « Bakumatsu », je pense que je sais où sont ces croquis", nous dit-il en pleine recherche, à cette occasion, lors de notre dernière de nos multiples rencontres avec lui.

Matsumoto a accepté de nous laisser prendre quelques dessins inédits avec nous pour notre article, et nous avons été particulièrement intéressés par ceux de « Bakumatsu Rashamen-musume Jyoushi » (« Les Romances d'Extrême-Orient »).

[NDLR : Le journaliste utilise ici le titre Rōmaji de « Bakumatsu Rashamen-musume Jyoushi » (幕末綿羊娘情史) et le traduit en anglais par « The Far Eastern Romances ». « Bakumatsu » (幕末) désigne les derniers jours du Shoguna Tokugawa (1603 à 1867) et la fin de l'époque d'Edo (1603-1868), précédant l'Ère Meiji (1868-1912). « Rashamen » (綿羊) désigne la maîtresse ou la concubine d'un étranger, « musume » (娘) désigne une jeune fille, « Jyoushi / Joshi » (情史) désigne une histoire d'amour ou une romance. On pourrait ainsi traduire « Bakumatsu Rashamen-musume Jyoushi » par « La romance de la Concubine et de l'Étranger à la fin de l'Ère Edo ». Désolé si j'ai fait des erreurs car je ne pratique pas du tout l'écrit japonais. Précisons que lors de la conférence parisienne d'Izumi Matsumoto en Juillet 2014, ce projet nous a été présenté sous le titre de « Bakumatsu Rashamen Joshi » (ばくまつらしゃめんじょうし).]

La publication de ce chef-d'œuvre inachevé a été annulé il y a 12 ans - quand son absence en cours vis-à-vis du public, fut sur le point de commencer. Mais aussi, à cette époque, Matsumoto était à deux doigts d'une catharsis personnelle et professionnelle destinée à disparaître avec « Bakumatsu ».

"Laisser cette série inachevée est mon plus grand regret", dit-il, tout en recherchant les croquis, naviguant dans un labyrinthe de boîtes empilées débordant de témoignages tangibles de près de 40 années passées à dessiner des mangas. Ces boîtes étaient un rappel visible de la route lente et sinueuse sur laquelle il est, tandis qu'il lutte pour revenir à son travail de publication.

"Je viens d'emménager ici en Mars", dit-il. "Je n'ai pas eu le temps de déballer." C'était fin Juillet.

L'histoire de sa disparition de la publication n'est pas sinistre. Matsumoto (né Kazuya Terashima) n'est ni toxicomane, ni égocentrique. Âgé aujourd'hui de 52 ans, il a la voix douce, humble et est consacré à son travail avec détermination. Concernant son absence, il met en cause une fuite de son liquide céphalorachidien qui remonte à l'âge de 3 ans, quand il a été percuté par une voiture alors qu'il traversait la rue en face de sa maison de famille. Parmi les raisons de son inactivité, celle-ci est certainement la plus grande.

Mais son histoire est aussi celle d'un artiste accompli, accoutumé par l'innovation, tentant de concilier sa vision avec celle de l'industrie totalement commercialisée au sein de laquelle il doit évoluer. Il est également toujours troublé par son premier succès stratosphérique [NDLR : KOR] qui devint difficile à réitérer.

En 2005, Matsumoto parla pour la première fois aux médias au sujet de son état de santé. Il annonça également qu'il prévoyait son retour dans la création de mangas. Sa nouvelle série, « Tobyoki » (« Recovery ») [*], qui relate en partie ses combats pour sa santé, a depuis trouvé un éditeur. Toutefois, un examen plus attentif de ses projets pour la série révèle que « Tobyoki » n'est rien de moins qu'une œuvre autobiographique. Des parties de son récit qui se produisent avec les jeunes protagonistes rappellent Kyosuke Kasuga, le narrateur bien-aimé  et vulnérable de « Kimagure Orange Road ». "Sa nature a toujours été la mienne", nous dit Matsumoto.

[*] NDLR : Le titre « Tobyoki » a changé depuis ce reportage. Actuellement, en 2014, nous connaissons ce projet (toujours non publié à ce jour), sous le titre de « Tabi no Tochû » (« Middle of the Journey »).]

Le monde de Kyosuke est une version à peine romancée de l'Arrondissement de Setagaya [NDLR : l'un des 23 arrondissements spéciaux formant le centre de Tokyo depuis 1947], où Matsumoto se sent si profondément enraciné. Récemment, il a été notre amical guide autour de cette partie du centre-ouest de Tokyo, nous emmenant vers tous les lieux qui ont inspiré l'univers fantaisiste de « Kimagure Orange Road », décrivant leur histoire à travers les nombreuses années qui se sont écoulées depuis sa dernière visite ou depuis qu'il a rendu hommage à ce secteur en l'évoquant dans son manga.

« Tobyoki » est maintenant très en retard pour son éditeur, et les boîtes qui encombrent le bureau où Matsumoto travaille, ne donnent pas un bon pressentiment sur le retour imminent de cet artiste après une décennie de temps perdu. Il est un artiste dont l'œuvre comprend plus d'idées et de premiers volumes, que de séries terminées.

Bien que la large popularité de Matsumoto ait diminué de façon prévisible en son absence au sein de l'industrie du manga, il figure parmi un panthéon d'artistes dont les contributions ont remodelé le genre. « Tobyoki » pourrait n'avoir aucune chance d'atteindre le succès commercial de « Kimagure Orange Road », mais il déterminera certainement si ce chapitre de l'histoire de sa vie se terminera en triomphe ou en désolation. Un maître-conteur, salué par ses pairs, peut-il surmonter deux décennies de difficultés et d'absence pour dire au monde son histoire ? Et attirer d'innombrables lecteurs pour partager avec eux son histoire à travers ses propres mots et images ?

"Je n'en ai pas terminé avec la création", disait Matsumoto avec insistance quand je l'ai rencontré la première fois. Mais je n'étais pas convaincu. Les années ont eu leur mot à dire. "Mais je repense toujours à combien les choses auraient pu être si différentes, si je n'avais pas cessé de travailler", poursuivit-il.

« Kimagure Orange Road » fut un phénomène mondial. En plus de son incroyable succès commercial, adulé par la critique au Japon, son adaptation en anime a été diffusée à la télévision partout dans le monde, diffusée à Singapour, en Italie, en France, en Espagne, en Australie, en Turquie et ailleurs. Il a suivi les mêmes pas que « Dragon Ball » en Europe, où les deux séries étaient responsables de l'introduction de l'anime et du manga pour des générations entières. En fait, l'année dernière, le manga a été réédité en France [*] peu de temps après que l'anime ait été rediffusé à la télévision italienne.

[*] NDLR : Erreur du journaliste (ou de celui qui lui a donné cette info) : en fait, en 2010, c'est en Espagne que le manga de KOR a été édité (en version castillane et en version catalane), non en France qui ne débutera sa réédition qu'en 2011.]

Akemi Takada, sans doute le character designer la plus accomplie de l'anime (plus connue à une certaine époque pour sa collaboration avec Mamoru Oshii - cinéaste ayant remporté plusieurs récompenses, également réalisateur pour la télévision et écrivain), rapporte que les croquis de Madoka Ayukawa, le personnage le plus populaire de « Kimagure Orange Road », demeure toujours ce que ses fans lui demandent de dessiner le plus souvent.

"La popularité de Madoka a duré longtemps en raison de la façon dont sa beauté masque sa sensibilité délicate", déclara Takada. "Elle est accomplie à la fois au niveau du cœur et de son physique."

Le succès de « Kimagure Orange Road » était aussi inattendu que rapide. Quand il survint en 1984, Matsumoto travaillait dans un studio. "Nous étions une équipe de quatre personnes, et l'éditeur pouvait envoyer deux personnes de plus pour s'assurer que nous tiendrions les délais", dit-il. "Il est difficile d'imaginer une telle situation. J'ai dû aller dans la salle de bain pour dessiner."


Le bureau en question que l'on découvre de manière
humoristique dans le volume 2 du manga de KOR
(2ème édition Jump Comics du 15 mai 1985)

Au Japon, plus de 600 000 personnes lisaient chaque semaine le manga de « Kimagure Orange Road ». "Je n'ai jamais eu l'habitude de cela", dit Matsumoto. "La chose la plus incroyable était dans un train, quand un lecteur de Weekly Shonen Jump en feuilleta très rapidement les pages jusqu'à arriver sur « Orange Road », puis s'arrêta pour en lire attentivement chaque page jusqu'à la dernière. Je n'en ai jamais pu croire mes yeux."

Ce fut un remarquable court chemin vers la réussite pour un jeune artiste dont la relation avec ce magazine avait commencé de manière improbable, quand il a appela à froid les bureaux et réussit à entamer une relation avec Toshimasa Takahashi, au moment où cet humble jeune rédacteur eût pour tâche de répondre au téléphone.

[NDLR : Toshimasa Takahashi fut le préposé éditorial d'Izumi Matsumoto pour le magazine Weekly Shonen Jump. Il décéda en 2003 à seulement 44 ans d'une crise cardiaque.]

Après que « Live! Tottemo Rock 'n' Roll » eût remporté un concours pour artistes émergents organisé par Weekly Shonen Jump, ceci conduisit Matsumoto à la publication en 1982 de « Milk Report » dans un magazine-frère appelé Fresh Jump. D'autres histoires courtes suivirent, plusieurs d'entre elles étant des précurseurs directs de « Kimagure Orange Road ».

Puis, paradoxalement, c'est après l'échec de « Spring Wonder » que Weekly Shonen Jump commanda « Kimagure Orange Road ». Matsumoto avait 25 ans quand ce titre fut édité pour la première fois.

Le manga est d'abord et avant tout l'histoire du lycéen Kyosuke Kasuga et de sa camarade de classe, Madoka Ayukawa. Kyosuke se languit de Madoka, qui se rapproche de lui au fil du temps. Dans ce processus, les lecteurs entrevirent une adolescence au charme naïf vécue dans la certitude économique éphémère des années 80 au Japon, une représentation de la jeunesse qui grandit avec une immense empathie, et conduite par une histoire épisodique nuancée. Le manga a bien vieilli et reste une photographie instantanée nostalgique de l'innocence juvénile.

"C'était un genre de manga que l'on n'avait jamais vu auparavant", déclara Michitoshi Isono, producteur en chef de la Gallery of Fantastic Art (GoFa), une galerie d'art influente de Tokyo située dans le quartier chic d'Aoyama qui se consacre à l'anime et au manga de qualité esthétique exceptionnelle, et où « Kimagure Orange Road » figure en bonne place.

"C'était une série contemplative calme et tranquille. Ce n'était pas bourré d'action. Ce n'était pas loufoque. C'était subtile et d'un rythme lent. Tout le monde a été choqué par le niveau de son succès. Nous avons été particulièrement surpris par son accueil positif en Occident. Cela a changé les esprits de tout le monde sur ce genre d'histoires pouvant être éligibles au marché de masse."

« Kimagure Orange Road » s'acheva en 1988, puis Matsumoto se lança dans une nouvelle série pour le magazine Super Jump intitulée « Sesame Street ». Bien que ce manga ait préservé sa subtilité, centré sur le développement des personnages, beaucoup le considèrèrent comme l'héritier important et l'égal de « Kimagure Orange Road ». Il n'a cependant jamais approché le niveau du succès commercial de son prédécesseur, ni sa longévité.

Quand Matsumoto cessa d'écrire « Sesame Street », il l'a laissé sans un volume final ou sans fin reconnaissable.

Rétrospectivement, les projets qui sont venus après révèlent un artiste se pliant de plus en plus aux formules commerciales à succès qui ont laissé peu de place à la profondeur qui caractérisa son meilleur travail.

Les fans de Matsumoto perçoivent son œuvre comme dominée par « Kimagure Orange Road », « Sesame Street » et « Graffiti », un recueil d'histoires courtes comprenant bon nombre de prédécesseurs de « Kimagure Orange Road ».

En 1994, Matsumoto est devenu fasciné par l'idée de créer un produit autour d'un manga numérique. Certaines des publications du genre avaient joué sur l'originalité par des offres sur disquettes souples, mais Matsumoto était convaincu qu'un manga complet vendu au détail, nettement numérique dans son contenu et sa présentation, pourrait révolutionner l'industrie.

L'Internet n'étant pas encore en pleine expansion, il s'est donc concentré sur le support multimédia de choix de cette période : le CD-ROM.

La série de mangas numériques qui en a résulté, intitulée « Comic On », prouva une fois de plus que Matsumoto était, pour le meilleur et pour le pire, en avance sur son temps. C'était, de façon vérifiable, le premier manga numérique jamais sorti. Il profita pleinement de ce nouveau support multimédia qu'était le CD-ROM, présentant une grande variété de contenus semi-animée, allant de la musique au dialogue. Il représenta également le tout premier exemple d'une compilation transcontinentale de mangas. Matsumoto avait formé un partenariat avec l'animatrice Américaine Jan Scott Frazier pour le produire (le travail de Frazier a également été inclus), et également avec l'auteure Américaine de comics, Lea Hernandez, qui contribua également. [*]

[*] NDLR : Parmi les titres proposés par les auteurs Japonais, on pouvait en effet trouver sur le CD-ROM « Comic On » volume n°1, l'histoire numérique intitulée « Transcendance » (illustration ci-contre), réalisée par Jan Scott Frazier, et l'histoire numérique « Monster Friday » par Lea Hernandez.]

La première série de cinq volumes mit plus d'un an à être développée. Dès le début, furent testées les limites de l'architecture technologique dont elle dépendait. Dans un moment d'intuition quasi prophétique, Matsumoto prit en charge le projet de recherche d'une plate-forme qui lui permettrait de créer un produit compatible avec les consoles de jeux et les téléphones cellulaires. Mais hélas, il parvint pas à trouver pas une telle technologie.

Alors que la date de sortie approchait, il découvrit que l'architecture commerciale de vente au détail était également sous-développée. Matsumoto fut incapable de convaincre un distributeur de mangas de prendre en charge la distribution du produit. "Ils ne voyaient pas que ce que nous offrions était comme un livre", déclara Frazier. "Et dire qu'ils étaient dans le business de la bande dessinée." Au lieu de cela, Matsumoto forma un partenariat avec Toshiba EMI, qui a revendu le produit fini dans les magasins informatique, principalement aux côtés des logiciels de jeux.

« Comic On » a également obligé Matsumoto à faire face à un certain nombre de vérités difficiles à propos de l'industrie du manga. Incapable de trouver un investisseur pour son produit non testé, il avait lui-même largement financé le projet par le biais de Genesis D.P.C., une société qu'il a créée à cet effet. Les éditeurs de mangas ne se comportèrent pas de manière charitable envers la start-up de Matsumoto, qui techniquement était un concurrent. En effet, pour « Comic On », il eut même du mal à obtenir l'autorisation d'utiliser ses propres personnages de « Kimagure Orange Road » (qui étaient la propriété intellectuelle de la Shueisha, l'éditeur de Shonen Jump).

En 1998, Matsumoto fut de retour à la publication en série. « Eternal Eyes » (« EE »), une autre franchise orientée action, où manquait la réflexion caractéristique de Matsumoto, fit ses débuts dans le magazine Ultra Jump, tôt cette année-là. Dès le début, le parcours de « Eternal Eyes » fut troublant. En effet, il produisit deux épisodes, avant de sauter un numéro pour remplacer le suivant par « Kimagure Orange Road Special ». [*]

[*] NDLR : « EE » parut dans le mensuel Ultra Jump aux numéros 15 (Février 1998), 16 (Mars 1998), 19 (Juin 1998) et 20 (Juillet 1998) et « Kimagure Orange Road Special » (« KOR Music Story ») fut réédité dans Ultra Jump18 (Mai 1998), soit entre les épisodes n°2 et 3 de « EE ».]

Bien qu'il produisit deux autres et ultimes épisodes, Matsumoto commença à se plaindre des pratiques éditoriales d'Ultra Jump et exprima publiquement son avis pour un retour à l'écriture de mangas subtils à l'image de « Kimagure Orange Road » et de « Sesame Street ». En Mai de cette année, il révéla également qu'après des années de travail de pionnier chez Genesis D.P.C. que lui et sa société étaient financièrement vulnérables. [*] En Octobre 1998, « Eternal Eyes » disparut entièrement des pages d'Ultra Jump.

[*] NDLR : Izumi Matsumoto avait annoncé sur le BBS du site d'Ultra Jump qu'il subissait une dette de 10 millions de Yens (environ 800 000 $), ce qui l'obligea, le 27 Avril 1998, à fermer tous les bureaux de Genesis D.P.C. et de Wave Studio (situé dans la Préfecture de Kanagawa).]

Cependant, Matsumoto semblait prêt pour un retour en forme avec son plus ambitieux projet, « Bakumatsu Rashamen-musume Jyoushi », qui était la chronique de la vie et l'époque de Henry Heusken, le funeste Néerlando-Américain qui travailla comme interprête pour Townsend Harris, le premier Consul Général Américain au Japon. Heusken fut tristement célèbre pour avoir été assassiné en 1861.

[NDLR : quant à la jeune geisha Okichi Saito (représentée ci-contre par Izumi Matsumoto), l'histoire de sa vie fut beaucoup plus tragique. À l'âge de 17 ans, sa grande beauté fut remarquée par Townsend Harris quand ce dernier arriva à Shimoda en 1856. Pour faciliter les accords entre les USA et le Japon, le gouverneur local envoya Okichi au service de Harris en lui demandant de quitter son propre fiancé. Elle dût se soumettre et dût rester au service de Harris durant cinq ans. Quand ce dernier quitta le Japon en 1861 pour rentrer aux USA après l'assassinat d'Henry Heusken, Okichi fut alors ostracisée par ses propres compatriotes (qui étaient encore à cette époque peu ouverts au monde) car ils voyaient en elle la maitresse d'un étranger (le mot « rashamen » fait d'ailleurs réfèrence à une concubine pour étrangers qui étaient des hommes blancs à cette époque). Okichi tenta de reconstruire sa vie en ouvrant un restaurant, mais elle sombra dans l'alcoolisme. Après des années d'errance, dans l'incapacité de remonter la pente, elle mit fin à ses jours en 1892, en se jetant dans une rivière. Ce blog illustré reprend en français cette histoire. Ce site web en Japonais lui est dédié, avec photos d'elle d'époque. Face aux déferlements de tragédies historiques autour des personnages réels, il faudra vraiment un jour demander à Izumi Matsumoto quelle fin il avait lui-même souhaité donner à l'histoire de « Bakumatsu Rashamen-musume Jyoushi ».]

Matsumoto se plonga dans les préparatifs de la série, résidant pendant des mois à Shimoda (Préfecture de Shizuoka), là où Harris avait établi sa résidence. Dans un effort pour s'imprégner encore plus du passé de la ville, il se pencha sur les documents municipaux remontant à 1863, et dépoussiéra les archives du temple et des cimetières.

Durant ce processus préparatoire, il compila minutieusement toute une série de cartes détaillées de Shimoda des années 1850, exclusivement aux fins de réalisation d'un manga qui regorgerait d'une authenticité incontestable.

"Si j'avais à dessiner une scène avec deux personnages en train de parler, je devais absolument savoir précisément où ils étaient dans la ville, et tout ce qui aurait été là à ce moment précis", dit-il en nous déployant les cartes dans le bureau de son domicile. Le prodigieux effort engagé dans leur création était impossible à ne pas reconnaître.

Mais « Bakumatsu Rashamen-musume Jyoushi » n'était pas seulement un retour sur un scénario centré sur les personnages, axe que Matsumoto connaissait le mieux. Il s'agissait plutôt de l'exploration d'un sujet fascinant et puissant que lui seul aurait pensé pouvoir rendre possible dans un manga sérialisé. Ce n'était pas moins sa réponse à 11 années de tentatives infructueuses d'appliquer sa capacité à raconter des histoires relativement littéraires à une série dont le réglage de la mise en scène dramatique pure et le drame historique lui auraient donné la possibilité de récupérer une audience importante.

« Bakumatsu Rashamen-musume Jyoushi » était attendu en 1999 pour sa publication dans le magazine Super Jump. Mais Matsumoto, qui avait connu des maux de tête et des étourdissements occasionnels pendant des années, s'est soudainement retrouvé avec une santé physique qui se détériora selon un ordre de grandeur. Il a commencé à ressentir une pression et une douleur atroce dans son cou, ainsi qu'une pléthore d'autres symptômes inconnus que, même en position assise pour dessiner à son bureau, cela devait pour lui insupportable.

Il visita des dizaines de médecins. Les diagnostics évoquaient la dépression, des problèmes dentaires et des allergies dues à la poussière. Mais aucun traitement prescrit n'apporta de soulagement significatif.

Finalement, dans l'incapacité de faire face à l'énorme charge de travail qu'impliquait le lancement d'une nouvelle série, Matsumoto fut contraint de mettre en sommeil « Bakumatsu Rashamen-musume Jyoushi ». Alors qu'il était sur le point de présenter au monde son grand chef-d'œuvre, il disparut dans une convalescence qui durera plus d'une décennie.

[NDLR : En réalité, « Bakumatsu Rashamen-musume Jyoushi » fut publié en couleur seulement à titre introductif dans le magasine Oh Super Jump du 5 Novembre 1999 sous le titre de « Izumi Matsumoto Special » (couverture ci-dessus). Cela comportait 2 pages de croquis du projet d'étude, avec photos d'Izumi Matsumoto à Shimoda (Cf. clichés de Shimoda ci-dessus à droite), ainsi que les 4 premières planches en couleurs du manga. Ce fut la première et dernière présentation publique de ce manga, avant que ces 4 planches ne soient rééditées plus tard, en Juin 2001, dans l'artbook « Matsumoto Izumi tanpen-shu DIGITAL SHORT CONTENTS » (Cf. Réflexion 36 pour plus d'infos sur sa bibliographie). Puis, plus rien ensuite, avant une présentation publique durant la conférence parisienne d'Izumi Matsumoto de Juillet 2014 (15ème Japan Expo).]

Avant de nous rendre dans sa maison à la recherche de croquis, Matsumoto nous guida pour une visite à pied de Umegaoka et de Gotokuji, des quartiers de l'Arrondissement de Setagaya où il a travaillé avant et pendant la production de « Kimagure Orange Road ». Ils ont été, en grande partie, l'inspiration (avec la proximité de Shimokitazawa) de la ville fictive au sud de Tokyo où il mit en place la série.


Quartiers de soulignés en rouge de Gotokuji, Umegaoka
et de Shimokitazawa (
lien Google Maps)

[NDLR : C'est dans le quartier de Umegaoka que se trouve la station Umegaoka que l'on voit aussi dans le dernier volume du manga de KOR :]


La station Umegaoka dans le manga (volume 18)


La station Umegaoka en 1992 (photo de gauche - ressemblant à ce que l'on voit dans le manga)
et en 2014 (à droite). Il est clair qu'Izumi y a vu la différence (
Lien Google Street)

"Je ne suis pas revenu ici depuis 15 ans", dit Matsumoto, alors que nous étions en train de nous éloigner de la station Umegaoka. Il se répétait lui-même souvent cela, alors que nous promenâmes dans les quartiers avoisinants, changeant seulement le nombre d'années, tandis qu'il essayait de se rappeler combien de temps s'était vraiment écoulé. Partout où nous allions, au moins une décennie s'était écoulée depuis sa dernière visite. "Natsukashii", dit-il encore et encore d'une manière sincère, dont le mot signifiait "nostalgie heureuse".

[NDLR : Extrait du livre « La nostalgie heureuse » d'Amélie Nothomb (Albin Michel - 2013) : « Nostalgie heureuse » est la traduction de Natsukashii. Ce terme japonais revêt une acception différente de la nostalgie occidentale, empreinte de regrets et de tristesse. C’est l’instant où le beau souvenir revient à la mémoire et nous emplit de douceur…]

Yurinoki-dōri dans Gotokuji était le portrait craché des avenues bordées d'arbres imaginaires familiers pour quiconque a lu « Kimagure Orange Road ». Un passage du tramway à proximité de la gare de Yamashita semblait avoir jailli directement à partir des pages de ce manga. Matsumoto s'arrêta encore et encore sur chaque bloc, en passant par ce qui a changé et ce qui était resté le même.


[NDLR : Yurinoki-dōri (dōri = rue) part de la gare de Yamashita et mène vers celle de Kyodo, la station suivante. C'est par cette rue que le petit groupe progresse vers les anciens locaux de Genesis D.P.C. (la start-up d'Izumi Matsumoto en activité de 1994 à 1998). C'est un parc qui prolonge toute la rue bordée d'arbres tout du long :]

[NDLR : Au début de la rue Yurinoki, en face de la gare, il y a même des maisons dont l'architecture m'a étrangement rappelé celle de la résidence des Ayukawa. Selon Google Earth (cf infra), ce groupe de maisons n'existaient pas encore en 1997, à l'époque de Genesis D.P.C. Jugez par vous-mêmes la ressemblance :]


La résidence des Ayukawa dans le manga


Ressemblance dans Google Street (Juin 2013)

L'immeuble où Matsumoto a passé ses années les plus productives était encore debout. Il nous pointa du doigt l'endroit où son bureau était situé, puis regarda incrédule les immeubles voisins alentours, comme si un seul avait été arraché de sa mémoire, puis avait chuté ici dans le lointain présent. Il était désorienté et nostalgique, mais il était également souriant et bavard. Dans un sens, je n'ai vu que Matsumoto, par nature à la voix douce et aux manières douces, en présence de souvenirs perdus depuis longtemps ou discutant des projets pour son éventuel retour à un travail régulier de mangaka.


Vue satellite de la rue Yurinoki en 1997 (à gauche) et en 2007 (à droite)
Il y a eu effectivement plein de constructions de maisons supplémentaires à droite de la rue.

[NDLR : Les  anciens bureaux de Genesis D.P.C. étaient situés non loin des gares de Yamashita et de Gotokuji. L'adresse exacte était : Japon, Tokyo-to, Setagaya-ku, Miyasaka 2-Chome, 26-21, Akatsutsumi Gardenheim 105 (〒156-0044 Tōkyō-to, Setagaya-ku, Miyasaka, 2 Chome−26−21 赤堤ガーデンハイム) (Source). Pour info : Tokyo-to = Préfecture (to), Setagaya-ku = Arrondissement (ku), Miyasaka = Nom du Quartier, 2-chome = n° du District du Quartier, 26 = n° du Bloc (ban), 21 = n° du Bâtiment (gô), puis le nom du bâtiment. Ce qui revient à ceci sur Google Maps et Google Street :]


Plan de quartier de Yurinoki-dori (
Google Maps de l'adresse)


Google Street de l'adresse (vue de face - Avril 2014)


Google Street de l'adresse (vue de face - Juin 2013)


Google Street de l'adresse (vue de côté - Avril 2014)

En 2004, Matsumoto reçut finalement un diagnostic qui a conduit à un traitement efficace de ses problèmes de santé, après que sa sœur lui ait envoyé un article sur la fuite de liquide céphalo-rachidien, qui a récemment été reconnu par l'établissement médical japonais comme une conséquence possible d'un traumatisme physique durant l'enfance. Toutefois, bien que ses symptômes les plus graves sont maintenant en train de disparaître progressivement, il a tardé à retourner au travail. "Je dois faire attention avec moi-même.", dit-il. "Je prends les choses progressivement."

[NDLR : On sait depuis peu qu'Izumi Matsumoto a deux sœurs aînées. Ce reportage, daté de 2011, confirme la thèse selon laquelle c'est bien l'une d'elles qui lui a envoyé le fameux article (via Internet ?... via un article découpé dans le journal ?...) qui lui a permis de diagnostiquer clairement son problème de santé après 5 années de souffrance.]

Depuis que j'ai terminé l'interview de Matsumoto et quitté le Japon pour les États-Unis, où l'on ressent profondément l'absence de personnes comme lui, mes pensées ont souvent fait des retours en arrière, au temps où j'ai passé à apprendre son histoire. Et j'ai pleinement réalisé à quel point j'étais privilégié de le regarder retrouver le chemin du retour vers les gens, les lieux et les idées qui ont fait le meilleur de ses années.

Ce retour à la source semble avoir commencé en 2009, lorsque, suite à l'exposition GoFa, il est allé dîner avec Akemi Takada et son rédacteur en chef chez Sangokan, la société qui prévoit de publier son autobiographie « Tobyoki ». C'était la première fois qu'il rencontrait Akemi Takada depuis les tous premiers jours de « Kimagure Orange Road ».

Cet été, alors que je l'ai contemplé vagabondant parmi les souvenirs de sa jeunesse et le succès passé, il était difficile d'imaginer que ceux-ci étaient tout, sauf de brèves escales sur la route de son long voyage. Matsumoto va briser sa pause, terminer finalement « Tobyoki », et alors ensuite offrir la plus éloquente histoire qu'il ait jamais écrite : la sienne.

Je me souviens souvent de la nuit où nos chemins se sont séparés dans Shimokitazawa, après qu'il nous ait montré le bâtiment où était le Genso Katsudo Shashin Kan, le café qui a inspiré l'Abcb, son homologue fictif où Madoka et Kyosuke travaillaient, dans « Kimagure Orange Road ».


Google Maps de l'adresse

[NDLR : C'est dans le quartier de Shimokitazawa que se trouve le bâtiment qui a inspiré Izumi Matsumoto pour concevoir l'Abcb. Le lieu est situé à l'adresse suivante : 〒155-0031 Tōkyō-to, Setagaya-ku, Kitazawa, 2 Chome−12 西田屋. Il est situé à 110 mètres à pied de la station Shimokitazawa. Au temps de la création du manga de KOR, le Genso Katsudo Shashin Kan était un kissaten, un café bar, mais aussi un studio photos. Selon le fan book « Recurrence » (2004), Izumi Matsumoto indique avoir dû demander l'autorisation au propriétaire de l'établissement d'utiliser pour son manga la façade de son établissement (qui était à l'époque peinte en blanc). Puis, en 1995, c'est devenu le Pub Club Y-Y (la façade fut repeinte en rose).]


Vue Google Earth du Pub Club Y-Y prise en 1997
(Désolé pour la qualité d'image)

[NDLR : Le 16 Avril 2007, le STAR★VERRY, une boutique de vêtements d'occasion dans le style vintage (années 60~70) succéda au Pub Club Y-Y. La façade fut alors repeinte en vert.]


La devanture de l'Abcb dans le manga de KOR (à gauche) et celle du STAR★VERRY (à droite).


Je n'ai pas pu m'empêcher de refaire la devanture
du STAR★VERRY pour celle de l'Abcb !

 
Le rez-de-chaussée de la boutique STAR★VERRY était dédié aux vêtements pour les femmes,
tandis que le premier étage était dédié à ceux des hommes (
sources)


Vidéo Youtube de présentation du magasin STAR★VERRY (issue du site machi-log.jp) (merci tcv)

[NDLR : La boutique STAR★VERRY ferma définitivement ses portes le 31 Juillet 2009. Elle n'aura duré que 2 ans et 3 mois. Quand nous découvrons les photos de Google Street datées de Septembre 2009, le bâtiment couleur d'émeraude est déjà complètement fermé et presque à l'abandon :]


Google Street de l'adresse (Septembre 2009)


Google Street de l'adresse (Septembre 2009)

[NDLR : On a presque la même vue Google Street de la façade que pour cette belle image de l'Abcb ci-dessous, non ?]

[NDLR : C'est alors que sur les clichés de Google Street de Juin 2013 (ci-dessous), nous découvrons que la boutique STAR★VERRY a laissé sa place à un restaurant (un Izakaya), la Maison Nishida, spécialisée dans les Yakitori de poulet grillés au charbon (炭火焼鳥 西田屋). La façade a de nouveau été repeinte, mais cette fois-ci en marron. Mais des rénovations très importantes se sont également opérées. En plus du changement de couleur, les murs de la façade extérieure ont été complètement refaits. Les plaques en bois formant les strates horizontales colorées en vert des façades faisant le charme du STAR★VERRY ont disparu. Les fenêtres extérieures ont également été remplacées. Sans doute pour donner à cet endroit un charme plus authentique qui sied à un restaurant traditionnel. La Maison Nishida a ouvert ses portes le 20 Février 2010, soit 7 mois après la fermeture de la boutique STAR★VERRY.]

 
Google Street de l'adresse (en Juin 2013)


 Google Street de l'adresse (en Janvier 2011)
N'hésitez pas vous balader dans l'allée de droite aussi

[NDLR : Il est même possible de se balader à l'intérieur du restaurant (et même au premier étage) en cliquant ici.]

[NDLR : Quand Izumi Matsumoto est retourné en Juillet 2011 dans ce secteur avec le journaliste Américain, c'est le restaurant Nishida qu'il a vu, et non pas la boutique STAR★VERRY. Il a ainsi pu voir quelque part ce changement comme un retour aux sources car le lieu dont il s'est inspiré à l'origine était un bar. Ce qu'il a redécouvert en 2011, ce n'était pas un magasin de vêtements vintage, mais un bistrot traditionnel dont voici ci-dessous des photos de la devanture prises de nuit :]

 

Alors que je m'agenouillai pour prendre Matsumoto en photo, il pointa du doigt la façade de l'étage supérieur en indiquant qu'elle était restée inchangée. Il regarda l'objectif de l'appareil-photo, puis le premier étage, avant que son regard ne se reporte vers l'objectif. Un sourire engloutit alors son visage, puis il donna tous les détails de ses premières rencontres avec le bâtiment.

Ensuite, je n'ai pas été surpris quand il ne nous a pas accompagnés à la station. Il disparut dans les rues animées de Shimokitazawa, nous laissant méditer sur la dernière chose qu'il nous a dite avant d'échanger nos adieux : "Même maintenant, je veux y retourner."

[NDLR : Hé oui ! Si j'avais été à la place d'Izumi Matsumoto, après une telle journée nostalgique, je serais retourné sans hésiter au restaurant Nishida, pour cette fois-ci déguster de délicieux yakitori de poulets grillés au charbon de bois, et, en même temps, m'imprégner encore plus de la nostalgie unique de ces lieux KOResques !]

Quelques photos de yakitori que l'on peut déguster chez Nishida, pour vous mettre en appétit :

Autres photos de ce que l'on peut y manger

Autre page

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[NDLR : Houlà-là !....  Je veux vraiment y aller moi aussi !!...]

 


Cet article n'aurait pas été possible sans les qualités d'interprête d'Erina Suto et de Kensuke Kumagai. Il a également bénéficié des bonnes connaissances de Kevin Callahan et de Spencer Hasting concernant l'oeuvre d'Izumi Matsumoto.


 

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Kimagure Orange Road est Copyright © Izumi Matsumoto/Shueisha/NTV/VAP/Toho/Studio Pierrot - 2014
Toutes les oeuvres citées et présentées dans cet article sont © Izumi Matsumoto - 2014-2015
Le texte (retranscrit en noir) est © Dreux Richard et The Japan Times